REPUBLIQUE UNIE DU KIVU

MOUVEMENT DE LIBERATION DU KIVU

TABLE RONDE DE GOMA
SUR
L’ACTUALITE SOCIO-POLITIQUE DU KIVU
ET
LA DECLARATION SOLENNELLE POUR UN ETAT INDEPENDANT:

LA REPUBLIQUE UNIE DU KIVU

Publié par le Ministère de l’Information et Presse du MLK

Goma, le 20 Mars 2005

Pour des raisons sécuritaires, la tenue de notre Table Ronde de Goma du 19 au 20 Mars 2005 sur l’actualité au KIVU et l’avenir de son peuple s’est réalisée en grande discrétion et a été entourée de toutes les mesures de sécurité.

Ce forum avait donc pour objet premier de faire état de la situation sur l’actualité du Kivu entier et étudier une solution de sortie de crise pour l’avenir de notre peuple longtemps meurtri par les régimes politiques successifs depuis l’indépendance du Congo de 1960 jusqu à nos jours.

Les aventuriers politiques de Kinshasa se servent ainsi à chaque fois de notre peuple comme des animaux à l’abattoir et aussi de notre territoire comme un lieu des conflits sociaux et tribaux, des guerres, des pillages systématiques de nos ressources minières, des viols de nos filles et de nos femmes …. des génocides de tous genres, un lieu réservé dit-on aux assassinats politiques organisés.

Si bien que des nombreux cas de tueries en séries, le Kivu renferme aujourd’hui plusieurs fosses communes où l’on a enterré des enfants, des femmes et des personnes âgées ainsi que des milliers de personnes vivantes.

Le Kivu est aujourd’hui à l’état de l’enfant orphelin car on y perpétue des monstruosités et des crimes qui restent jusque-là impunis malgré la forte présence sur terrain de la communauté internationale par la Mission des Nations-Unies au Congo (MONUC).

De 1996 a 2003, l’on a dénombré près de 5 millions de victimes tuées par la guerre anti-Mobutu dite de libération et celle dite d’agression Rwando-Burundaise et Ougandaise.

Cette guerre du genre d’une guerre mondiale a connu l’intervention de plusieurs Etats africains et autres complices du monde sur notre terre avec toutes les conséquences au niveau social, politique, économique, environnemental et culturel.

Jadis le grenier de tout le Congo et les pays environnants, le Kivu est devenu aujourd’hui une place de la misère et de la cruauté entretenues pour des raisons mafieuses par les autorités au sommet de l’Etat à Kinshasa qui se servent de nos compatriotes rendus esclaves pour piller les minerais qui se trouvent dans notre terre, cassitérites, coltans, or, bois, animaux, ….

Avec la guerre, nous connaissons l’expropriation de nos biens meubles et immeubles, nos terres, nos pâturages…si bien qu’il est difficile pour nos nombreux villageois de cultiver la terre à cause de l’insécurité permanente qui y règne et la violence devenues quasi quotidiennes.

De la petite histoire,

Le nom Congo vient du premier contact de l’homme blanc avec le peuple Kongo de l’embouchure du fleuve Congo.

Ce nom du peuple Kongo de l’actuel Bas-Congo qui composait l’ancien Royaume Kongo s’étendant jusqu’à l’autre côté du Congo-Brazzaville et de l’Angola, a été forcément donné à tous les peuples conquis sur le territoire de ce que l’on appelle aujourd’hui la République Démocratique du Congo.

Dans l’intérêt de francisation du mot KONGO l’on préféra, par les Colons, changer la lettre K en C pour en faire le Congo mais qui en fait a la même identification tribale de Kongo.

Ainsi tout le reste de peuples conquis de Bandundu, de l’ Equateur, de Boyoma (Orientale), du Grand Kasaï, du Katanga et aussi du Kivu, seront moulés dans un mariage forcé sous la dénomination du peuple Congolais… qui, simplement, veut dire les BA Kongolais.

A la prise de l’indépendance de 1960, nos représentants politiques se retrouveront tous à Bruxelles à la Table Ronde et par oubli ou par ignorance, ils n’ont jamais posé le problème de leur identité commune ni discuter essentiellement sur les critères de leur Union dans un ensemble appelé Congo.

Le départ étant faussé, la suite sera les multiples crises politiques qui conduisirent, juste un mois après la proclamation par Moise Tshiombe et Albert Kalonji Ditunga Mulopwe, des états indépendants du Katanga pour le premier et du Sud Kasaï pour le second.

A Kinshasa, l’ancienne Léopoldville c’est un parti tribal du nom de l’ABAKO, donc une Association des Bakongo dirigée par Joseph Kasa-Vubu qui l’emporta sur l’ANC, un mouvement nationaliste de Patrice Lumumba.

Joseph Kasa-Vubu, Président de l ABAKO, premier Président de la République du Congo indépendant le 30 juin 1960, était en fait un chef tribal qui présidera aux destinés de BA Kongolais donc des Congolais, faisant fi du parti à tendance nationaliste l’ ANC de Emery Patrice Lumumba et, Allez-y comprendre la suite….une mort tragique de Lumumba et une crise de Mulelistes et autres, Antoine Gizenga autoproclamé Président de la Province Orientale etc…

Cela nous amène à poser la question de l’identité commune à partager en nous posant la question d’où et comment est né le nom Congo qui nous colle aujourd’hui à la peau comme un élément mystique de notre destitution

A quel moment y a-t-il eu un Référendum de nos peuples pour opérer ce choix décisif d’une importance capitale d’appartenir à telle union, une union forcée qu’est le Congo ?

Le Congo, pays entier à une superficie de l’Europe de l’Ouest, a des peuples à cultures et comportements différents. Ces derniers ont été forcés dans une cohabitation qui, aujourd’hui, bloque le développement de ces différents peuples, territoires et cultures.

La dimension du Congo, le niveau intellectuel et politique même de ses dirigeants et le tribalisme viscéral qui les animent perpétuent des crises politiques à base souvent tribale qui empêchent tous ces peuples à vivre dans la paix et la sécurité.

Pour ce qui est du Kivu particulièrement, notre peuple se trouve ainsi otage de cette union forcée car c’est du Kivu que toutes les guerres commencent et ne se terminent jamais… c’est toujours du Kivu que l’on tue et l’on viole dans l’impunité et c’est toujours du Kivu que les complices tant nationaux qu’ internationaux se cachent derrière des compagnies multinationales et opèrent en esclavagistes modernes, en exploitant ce peuple abandonné à lui-même sans aucune forme de gouvernance politique, c’est-à-dire une absence totale de l’ administration étatique vouée a protéger les citoyens et les biens.

Sur le plan de la culture, le Kivu dans son unité a une culture quelque peu homogène différente de celles des autres peuples qui composent la République bananière du Congo (Démocratique), une République dans un monde en pleine mondialisation, sans Droit ni Loi.

La force du Kivu est aussi linguistique. La langue Swahili est parlée et écrite par tout son peuple et aussi en dehors du Kivu par les pays et provinces de l’ancien Congo qui risque de se commuer en Etats eux-aussi au même rythme que nous.
L’étendu du territoire, la démographie intense ainsi que le dynamisme de son peuple font du Kivu un pays à part entière, avec une culture différente de loin des autres peuples qui composent forcément la RD Congo.

Jadis un peuple uni et indivisible, le Kivu a été, par des nombreuses manipulations tribales des aventuriers politiques kinois, soumis à une triple fragmentation Sud Kivu, Nord Kivu et Maniema, dans le seul but de l’anéantir et le soumettre à des exploitations diverses, si bien que les multiples ressources naturelles font l’objet systématique des pillages à grande échelle.

De Mobutu à Kabila I et Kabila II, notre peuple du Kivu se retrouve aujourd’hui sous une colonisation moderne entretenue par ses prédateurs qui se succèdent au sommet de l’Etat à Kinshasa avec leurs complices étrangers.

Sur le plan de son développement socio-culturel et économique, le Kivu comme territoire n’a enregistré aucun signe visible du développement durable depuis 1960, on y remarque un recul sérieux dans les quelques infrastructures léguées par les Colons belges.

Une quasi totalité de routes n’est pas praticable, pas de système de communication, de transport public, de santé, d’enseignement primaire, secondaire ou universitaire.

Il y a lieu ici de dire merci aux missionnaires occidentaux et autres africains qui dans cet abandon de l Etat, continuent tant bien que mal à porter secours au peuple du Kivu.

Nous saluons le courage des fils et filles du Kivu qui, depuis 1960 jusqu’aujourd’hui, bravent ces aventuriers kinois par une dénonciation de ces injustices et ces crimes. Ces vaillants martyrs de notre Kivu, ont par ce fait, été considérés comme des criminels et des rebelles et ont subi des emprisonnements, des pendaisons publiques, des enlèvements, des relégations, des tortures et des assassinats.

Depuis 1960, le territoire du Kivu a toujours été en proie d’insécurité généralisée et des tensions ethniques allumées par Kinshasa si bien que les affrontements politico-militaires ont été toujours de mode dans tous les coins du Kivu.

Les Kinois y entretiennent ainsi des exécutions extrajudiciaires et autres homicides illégaux, des arrestations arbitraires, des confiscations de biens et immeubles, des détentions cachées, des actes des tortures, d’autres formes de traitements inhumains sans compter des nombreux assassinats.

L’on comprend bien que dans un tel état de choses, l’appareil judicaire fait défaut laissant place au règne de la loi de la forêt, celle du plus fort, la loi du lion.

Que dire de l’administration publique et de la gestion publique qui sont quasi inexistantes. La loi sur la citoyenneté est devenu un marchandage politique, incitant à la haine et au tribalisme et fait que jamais le Kivu ne pourrait redevenir une terre de paix sans que les mesures juridiques modernes ne soient appliquées pour sécuriser les citoyens et les nouveaux venus en garantissant un règne des lois et de l’ordre et une bonne coopération garantissant la paix et la sécurité entre les Etats.

Le Kivu souffre aujourd’hui de plusieurs maux dont l’enregistrement des enfants de moins de 18 ans dans les mouvements armés et dans les forces militaires gouvernementales.

Grands nombres de ces enfants sont recrutés par force tandis qu’ à cause de la misère accrue une autre partie non négligeable se joignent sans choix à ces groupes pour devenir des criminels impunis qui accomplissent sans crainte certaines besognes inhumaines et des abus de tout genre, tueries, vols, assassinats, viols…consommation de drogues fortes…exposant des femmes, jeunes filles et des fillettes à des cruautés inimaginables, des viols, et des mutilations sexuelles.

Dans cet enfer diabolique entretenu, c’est l’impunité totale qui y règne encadrée par des procès juridiques inéquitables et des peines de mort arbitraires, exécutées de manière cavalière.

Eu égard à toute la situation qui prévaut actuellement sur l’ étendue du KIVU, nous, ressortissants du KIVU du monde politique, religieux, organisations civiles, cadres universitaires, représentants du pouvoir coutumier, les hommes et femmes d’ affaires, réunis à la Table Ronde de Goma, du 19 au 20 Mars 2005 sur l’Actualité sociopolitique du Kivu, avons passé en revue les 50 ans de notre vie en union avec les autres ressortissants de la soi-disant République Démocratique du Congo sous le système politique des aventuriers de Kinshasa, et, après analyses et considérations, avons constaté avec amertume que ces années passées ensemble ont bénéficié plus aux aventuriers de Kinshasa et leurs complices qui se sont enrichis farouchement au détriment du peuple du KIVU.

L’étiquette de l’Union leur sert de démagogie éhontée qui soumet notre peuple à l’esclavage moderne.

Aujourd’hui le Kivu n’a pas d’autorité juridico-politique et administrative adéquate, et l’absence de l’autorité de l’Etat aggrave la vie quotidienne de notre peuple.

C’est par le Kivu que les guerres se constituent et les armes s’entreposent tandis que les rebellions y trouvent leurs nids.

Les mercenaires étrangers et autres criminels utilisent notre terre pour y commettre des exactions sans crainte alors que notre peuple du Kivu vit quotidiennement en victime cibles.

Si bien que même la guerre dite de Banyamulenge au Congo, devient une monnaie d’échange pour les autorités de Kinshasa qui veulent s’enrichir, ainsi avons-nous considéré que le problème du Kivu est loin d’être la préoccupation de Kinshasa. Nous, ressortissants du Kivu devons mettre fin a cet état de choses et créer un climat de paix et de stabilité entre nos peuples autochtones et autres peuples blancs ou noirs vivants sur notre territoire par l’établissement de l’autorité d’Etat et la mise sur pied des lois et des actions qui y iraient dans le sens de la sécurisation de tous pour mettre fin à l’animosité dans un Etat républicain qui puissent accueillir dans la courtoisie tout citoyen et tout étranger qui veut s’établir chez nous et qui ambitionne de contribuer à notre développement commun dans ce monde en plein mondialisation.

L’Etat du Kivu n’est pas un pays des conflits. Notre gouvernement adoptera un système de politique internationale, régionale, et sous régionale qui garantit le respect de la dignité humaine avec une bonne loi sur l’immigration et la protection de citoyens.

En matière de politique sous régionale, régionale et internationale, l’Etat du Kivu doit garantir un climat de paix et de sécurité aux frontières avec les pays voisins et nos partenaires de pays étrangers par une bonne politique de développement et de coopération.

Avec tristesse, les partisans de la Table Ronde de Goma ont noté que le peuple du KIVU est resté un peuple martyrisé, exploité, oublié… et son avenir reste sommes toutes sombre tant, depuis l’époque du roi Léopold II de Belgique qui avait décrété, pour des intérêts mercantilistes cachés sous la coupole des œuvres philanthropiques, le mariage forcé de nos différents peuples sans aucune homogénéité culturelle et qui a baptisé le territoire grand à la dimension de toute l’Europe occidentale, du nom du Congo.

Considérant aussi que de la colonisation belge, de Joseph Kasa- Vubu premier Président du Congo indépendant, en passant par Joseph Mobutu jusqu aux ères de Kabila I et II, aucun espoir de réveil économique, culturel, de paix et de sécurité ne se dessine à l’horizon pour les Kivutiens.

Pour toutes ces raisons évoquées lors de notre forum, nous, Représentants du peuple du Kivu dans son ensemble, ceux du Maniema, du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, réunis à la Table Ronde sur l’avenir du Kivu, en date du 19 au 20 Mars 2005 avons, après réflexions et analyses, recherché des pistes de solution a nos multiples crises sociales et politiques, et avons été amenés a une herméneutique qui comprend la situation du Kivu dans sa totalité et avons décidé d’user de notre force spirituelle et humaine pour mettre fin à la pression, à la répression, à l’occupation étrangère et à l’exploitation éhontées de nos ressources naturelles et autres ressources par ces aventuriers qui s’auto constituent en Autorité politique à Kinshasa lointain et qui n’ont comme que seule ambition de s’enrichir sans retard en affamant, pillant et tuant le vaillant peuple du Kivu.

Considérant cet état des choses, devant Dieu et les hommes, faisant recours à notre passé et notre présent sanglants, nous avons décidé, d’un commun accord, de faire évoluer positivement notre situation politique, économique, sociale, culturelle et sécuritaire au Kivu.

Au vu de l’aggravation de la situation humaine et environnementale au Kivu, soucieux d’un bon avenir pour notre peuple et notre territoire, nous, Cadres et Représentants des différentes couches de la société qui composent le Kivu, avons pris deux décisions solennelles qui régiront désormais notre peuple et son territoire :

1. La Création d’un cadre politico-militaire dénommé MOUVEMENT DE LIBERATION DU KIVU (MLK).

Le MLK est un mouvement politico-militaire, c’est-dire une armée nationale pour la réalisation immédiate des objectifs politiques définis dans sa constitution à savoir :

sans faillir aux objectifs de libération totale du KIVU, le MLK se doit de mobiliser à travers sa direction politico- militaire, l’opinion tant nationale qu’internationale, en ouvrant dans le respect mutuel, des relations de coopérations politiques, diplomatiques, économiques et culturelles avec les pays frontaliers du Kivu et autres d Afrique et du monde pour l’établissement à l’immédiat d’un climat de paix, de sécurité favorables au développement durable dont les fils et filles du Kivu ont droit et aspirent.

A l’instar du Québec au Canada, de l’Erythrée, de l’Irlande du Nord et du Sud, du Front de Libération du Grand Kasaï, la Corse en France, la Slovaquie, la République Tchèque et autres mouvements politiques de ce genre qui réclament leur libération et leur autonomie, le MLK, luttera avec acharnement pour le bien-être et l’auto développement du Kivu et son peuple.

2. La création sans délai d’un Etat indépendant : La REPUBLIQUE UNIE DU KIVU (RUK)

Une République qui répondra aux besoins du peuple, une République différente de celle bananière de Kinois, capable de promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance, la justice sociale, les droits de la personne, une armée républicaine, une police, des services de sécurité et une économie industrialisée, des politiques sociales favorables à la création de l’emploi et de la promotion des richesses et de conditions sanitaires favorables à notre peuple du Kivu longtemps meurtri et tenant compte de la protection de notre environnement et au développement durable de notre territoire.

La République Unie du Kivu aura comme mission de :

· Libérer son peuple de l’esclavage local ou international

· Restaurer la dignité humaine et l’identité bafouées de son peuple

· Mettre en place une gouvernance protectrice des biens et peuples différents qui composent le KIVU

· Mettre fin a l’état de guerre et de terrorisme qui se vit au Kivu

· Restaurer la paix et la sécurité à l’intérieur du territoire

· Créer un climat favorable pour la promotion de la paix et la sécurité avec les pays frontaliers et autres provinces du Congo qui se constitueront en Etats indépendants

· Doter le Kivu d infrastructures modernes, construire les écoles, les hôpitaux, routes, chemins de fer, le transport en commun, la télécommunication…

· Garantir une bonne redistribution des richesses nationales du Kivu à travers toutes les couches de la société.

A tous les ressortissants du Kivu, le temps est venu de faire du KIVU un pays moderne.

Les participants à la Table Ronde de Goma ont lancé un vibrant appel au peuple du KIVU de se mobiliser à l’intérieur et à l’extérieur autour de ce projet de société et d’y contribuer massivement pour sa matérialisation.

Fait à Goma le 20 Mars 2005

Pour LA REPUBLIQUE UNIE DU KIVU

Le Président de la République et Commandant Suprême

Bishop Elie-Désiré Atawale

Le Chef d’Etat Major

Général Maurice Musagi


FFSA

Federation of the Free States of Africa

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Secretary General
Mangovo Ngoyo

Email: africa.federation@gmail.com

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